Food Evolution : le documentaire qui met en garde contre le refus de la science dans l’Agriculture

Food-Evolution

Très exactement une semaine après la charge d’Elise Lucet contre le glyphosate sur France 2, les scientifiques Français contre-attaquent. Agr’iDées, le SYRPA, l’AFJA et l’Académie d’Agriculture de France nous ont accueilli pour une projection avant-première de FOOD EVOLUTION. Un film documentaire de Scott H. Kennedy qui sortira en France le 20 Février. Dès les premières minutes, le dessein du film est clair :  défendre le travail scientifique dans l’agriculture, réhabiliter le protocole de validation scientifique des OGM et glyphosate, ainsi que leur intérêt pour une alimentation durable. Voici quelques révélations sur le contenu du film, qui vous donneront (ou pas) envie de découvrir une vision à contre-courant de l’opinion publique.

VAGUE ANTI-OGM : UNE ONDE DE PEURS INFONDEES S’EST PROPAGEE DANS LE MONDE DEPUIS L’ÎLE D’HAWAÏ

Le documentaire retrace comment l’interdiction des OGM a injustement démarré. En 2013, le Conseil d’Hawaï a voté : les cultures OGM ne seront plus autorisées sur l’île. Face aux preuves scientifiques établies sur l’absence de danger des OGM, le film montre tant la partialité du Conseil (sous pression des activistes) que la faiblesse de l’argumentation : recours à des études invalidées (Séralini) corrélations sans fondements, inventions de prétendus spécialistes sans aucun diplôme scientifique… Pourtant, le mal est fait et la peur se propage dans le monde entier, où les OGM deviennent diabolisés.

Comment la science pourra-t-elle faire entendre raison quand le monde est aux prises de ses émotions ?

IL EXISTE UN LOURD DEFICIT DE COMPREHENSION ET DE RAISON DANS L’OPINION PUBLIQUE

Autre démonstration du film : celle de l’ignorance des anti-OGM sur ce qu’est un OGM. En effet, il semble que plus les gens sont opposés aux OGM, moins ils sont capables d’en donner la définition et d’en parler. A de nombreuses reprises, les interviews des anti-OGM ont pour objectif de nous montrer à quel point la croyance s’oppose à la raison, avec comme apogée cette phrase d’une maman activiste anti-OGM qui répond à de jeunes scientifiques : « Le bio est l’agriculture telle que l’a voulu Dieu, c’est comme ça ».

LES FAUSSES CROYANCES DES RICHES PEUVENT COÛTER CHER AUX PAUVRES

C’est ici que réside, pour les scientifiques, le sens du combat à mener à travers la réhabilitation des OGM. Face aux maladies qui déciment les cultures, face aux effets du réchauffement climatique, face à la famine et à la malnutrition, l’agriculture génétique a déjà beaucoup à offrir aux pays en voie de développement. En Ouganda, le documentaire montre comment l’interdiction des OGM cause la pauvreté d’agriculteurs de subsistance qui voient leurs plantations de bananiers décimées par une maladie, alors qu’une solution OGM résistante a déjà été expérimentée. En Afrique du Sud, un agriculteur pleure face à la caméra en disant « Quand vous les américains vous dites non, est-ce que vous pensez aux conséquences que ça a pour nous ? ».

UN ANCIEN ACTIVISTE ANTI-OGM SE FAIT AMBASSADEUR D’UN « RETOUR A LA RAISON »

Mark Lynas, écrivain, journaliste et militant écologiste britannique, incarne dans ce documentaire la figure du repenti. Ancien activiste anti-OGM, il développe un discours sur la nécessité de faire prendre conscience aux écologistes que ces solutions sont responsables sur le plan écologique. Selon lui, si on convertissait toute l’agriculture au bio, il faudrait détruire toutes les forêts pour avoir assez de surfaces exploitables pour nourrir les Hommes. Spécialiste de l’étude du changement climatique, il pense que la science sera de toutes façons un recours indispensable pour aider à préserver les cultures. Il ne milite pas pour une confiance et un usage aveugle des OGM et glyphosate, mais il encourage tous les militants à se fier au consensus scientifique quant à la sécurité de telle ou telle utilisation pour la santé humaine.

Dans la salle après la projection, quelques réactions vives, essentiellement sur le silence fait sur les Monsanto Papers et l’influence de certains scientifiques. Nous ressortons avec une vision élargie du débat, même si nous trouvons dommage que le film soit souvent manichéen, avec les scientifiques altruistes d’un côté et les ignorants obtus de l’autre. Pourtant, on sent que l’intention du film est aussi de porter un message de réconciliation : en recherchant à mieux nourrir les Hommes aujourd’hui et demain, les scientifiques œuvrent pour les mêmes causes que les défenseurs de l’environnement.

A date, nous n’avons pas d’informations sur les salles qui diffuseront le film car. A priori, la controverse peut effrayer les distributeurs !

Anne-Sophie Gloannec, Planning stratégique.